Diarrhée chez le chien : causes, diète et quand consulter

Peu de choses inquiètent aussi vite un maître qu'une selle molle dans le jardin ou une nuit agitée, le chien grattant à la porte. La diarrhée compte parmi les motifs de consultation vétérinaire les plus fréquents – et disons-le tout de suite : dans la très grande majorité des cas, elle est bénigne et passe d'elle-même. Il vaut néanmoins la peine de savoir ce qui peut se cacher derrière, comment soulager votre chien les premiers jours et à quoi reconnaître le moment d'appeler le vétérinaire.
Une chose nous tient à cœur d'emblée : cet article est un repère posé, pas un substitut à l'examen vétérinaire. Il vous aide à mieux évaluer la situation – mais en cas de doute, c'est toujours le professionnel, celui qui peut voir et palper votre chien, qui tranche. C'est avec cet esprit que nous abordons le sujet, en toute sérénité.
La diarrhée est un symptôme, pas une maladie
Commençons par une mise au point qui enlève beaucoup de pression : la diarrhée n'est pas une maladie en soi, c'est un symptôme. L'intestin réagit ainsi à quelque chose qui le dérange – et il le fait souvent très vite et de façon très sensible. Des selles molles, pâteuses ou liquides, des besoins plus fréquents, parfois un peu de glaires : autant de signes que l'équilibre du tube digestif est momentanément perturbé.
Chez un chien adulte par ailleurs en forme et alerte, un tel trouble digestif est le plus souvent bénin et spontanément résolutif – autrement dit, il se calme tout seul, souvent en l'espace de deux à quatre jours. Le corps fait le ménage, l'intestin s'apaise, et après quelques jours tout rentre dans l'ordre. C'est précisément pourquoi le premier conseil est presque toujours le même : garder son calme, observer attentivement et ménager le ventre.
Cela devient sérieux seulement lorsque des signes accompagnateurs apparaissent ou que la diarrhée ne veut pas cesser. Nous y reviendrons plus bas, tranquillement. Si vous n'êtes pas sûr de l'état de votre chien, un bref appel au cabinet vétérinaire n'est jamais une erreur – mieux vaut demander une fois de trop qu'une fois de trop peu.

Les causes les plus fréquentes
La liste des déclencheurs possibles est longue, mais quelques causes reviennent sans cesse au quotidien. En tête, le changement d'alimentation trop rapide. L'intestin du chien aime les habitudes ; si l'on change sa nourriture du jour au lendemain, il le fait volontiers savoir par des selles molles. Une nouvelle marque doit donc toujours être introduite progressivement, sur plusieurs jours – nous expliquons comment dans notre guide de l'alimentation du chien.
Tout aussi fréquent : ce que le chien ramasse dehors. Il avale quelque chose d'avarié en promenade, fouille dans les poubelles, attrape un vieil os ou un morceau de charogne. L'intestin réagit aussitôt. Une intolérance ou une allergie alimentaire peut aussi être en cause lorsqu'une protéine ou un ingrédient précis ne passe pas.
Le psychisme n'est pas à sous-estimer. Le stress et l'excitation – un déménagement, un voyage, une fête, des visites – donnent littéralement mal au ventre à certains chiens. Viennent ensuite les invités indésirables : les parasites comme les vers ou les giardias et les infections virales ou bactériennes figurent parmi les déclencheurs classiques, surtout chez les jeunes chiens.
Et enfin les possibilités plus sérieuses, qu'il faut connaître sans pour autant céder à la panique : une intoxication – par exemple par des aliments toxiques ou des plantes toxiques –, un corps étranger avalé qui bloque l'intestin, ou une maladie chronique lorsque la diarrhée revient sans cesse. Ces cas exigent un bilan vétérinaire, nous y venons.

La diète : ce qui fait du bien au ventre
Si votre chien a la diarrhée mais reste par ailleurs vif, vous pouvez l'aider à traverser ces quelques jours difficiles avec une diète. Le grand classique est simple, économique et éprouvé : du riz bien cuit avec du poulet maigre cuit – sans peau, sans os et surtout sans sel, sans huile ni épices. Le riz apporte une énergie facile à digérer, le poulet une protéine maigre. Qui le souhaite peut y mêler un peu de fromage blanc maigre ou de séré maigre ; par tradition, on complète aussi la diète avec de la carotte cuite réduite en purée.
Plus important que la composition exacte : la manière de nourrir. Privilégiez plusieurs petites portions réparties sur la journée plutôt qu'un seul gros repas. Cela soulage l'intestin. Dès que les selles s'améliorent, réintroduisez peu à peu, sur quelques jours, la nourriture habituelle, jusqu'à ce que votre chien remange tout à fait normalement.
Un point nous tient à cœur : une diète maison à base de riz et de poulet est une solution transitoire pour quelques jours – trois à sept environ –, mais elle n'est pas équilibrée sur la durée. Elle ne couvre pas les besoins en vitamines et en minéraux et ne convient donc pas comme alimentation permanente. Si la situation se prolonge, il existe des aliments diététiques gastro-intestinaux vétérinaires, conçus exactement pour ce cas de figure. La meilleure solution se discute avec votre vétérinaire ; vous trouverez par ailleurs des conseils de fond sur la ration dans notre guide de l'alimentation.

Jeûne, eau et repos
Autour de la diarrhée circule un conseil tenace : faire d'abord jeûner le chien. Cela peut avoir du sens chez un chien adulte par ailleurs en bonne santé : une courte pause alimentaire de quelques heures donne à l'intestin l'occasion de se reposer. Mais n'en faites pas trop.
Une règle est parfaitement claire : pas de jeûne chez les chiots, les petits chiens, les chiens âgés, les femelles gestantes ou les chiens affaiblis. Ils n'ont quasiment pas de réserves et ne doivent sauter aucun repas – les chiots en particulier se déshydratent à une vitesse impressionnante. En cas de doute, renoncez à la pause alimentaire et demandez plutôt conseil au vétérinaire.
Ce qui vaut toujours et pour tous les chiens : de l'eau fraîche doit être disponible en permanence. Avec la diarrhée, le corps perd du liquide, et le plus grand danger en cas de diarrhée persistante, c'est la déshydratation. Si votre chien boit bien, c'est bon signe. Chez les chiots et les seniors, une solution d'électrolytes est parfois envisageable – mais uniquement après avoir consulté le cabinet vétérinaire, jamais de votre propre initiative.
Et un autre principe, assez important pour être répété : ne donnez jamais de médicaments humains, par exemple un antidiarrhéique de votre armoire à pharmacie, sans instruction vétérinaire explicite. Beaucoup ne conviennent pas au chien, voire sont dangereux.

Signes d'alerte : quand consulter ?
Aussi souvent que la diarrhée soit bénigne, il existe des situations où il ne faut pas attendre, mais demander un avis vétérinaire le jour même. Voici les signes d'alerte à connaître :
- du sang dans les selles, qu'il soit rouge vif ou noir et goudronneux ;
- des vomissements répétés en plus de la diarrhée ;
- un abattement, une faiblesse ou une apathie marqués ;
- des signes de déshydratation : gencives collantes, un pli de peau qui reste en place, des yeux enfoncés ;
- un ventre dur, ballonné ou douloureux ;
- de la fièvre ;
- le soupçon d'une intoxication ou d'un corps étranger avalé ;
- une diarrhée très fréquente et très liquide ;
- une diarrhée chez un chiot ou chez un chien très petit, âgé ou atteint d'une maladie chronique – ceux-là se déshydratent particulièrement vite.
Même en l'absence de tels signaux d'alarme : si la diarrhée dure plus de deux à trois jours ou revient sans cesse, le chien doit être examiné. En cas de suspicion d'intoxication, chaque minute compte – notre article sur les premiers secours pour le chien vous explique comment réagir dans l'urgence. Et si la situation devient sérieuse la nuit ou le week-end, sans cabinet ouvert à proximité, notre aperçu des vétérinaires d'urgence vous oriente.

Prévenir et rester serein
On ne peut jamais empêcher totalement la diarrhée – l'intestin du chien est ainsi fait, sensible. Quelques habitudes réduisent toutefois nettement le risque : changer l'alimentation toujours en douceur, ne pas laisser le chien avaler n'importe quoi en chemin, sécuriser l'accès aux poubelles et au compost, et régler la vermifugation avec le cabinet vétérinaire. Les aliments et les plantes toxiques doivent eux aussi rester hors de portée – deux sujets que nous traitons en détail dans des articles dédiés.
Pour finir sur une note rassurante : la très grande majorité des cas simples s'améliorent tout seuls en quelques jours, avec un peu de ménagement, une diète et de la patience. Observez attentivement votre chien, veillez au calme et à l'eau fraîche, et offrez à son ventre la pause dont il a besoin.
Et malgré tout, la phrase la plus importante pour finir, parce qu'on ne la répétera jamais assez : ce guide ne remplace pas un examen vétérinaire. Il vous aide à situer les choses et à agir calmement – mais dès que vous avez un doute, que l'état se dégrade ou qu'un des signes d'alerte apparaît, le vétérinaire est la bonne adresse. Dans notre annuaire des vétérinaires et autres services, vous trouverez rapidement l'aide qu'il faut près de chez vous. Pour le bien de votre chien, c'est la voie la plus sûre.
Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.