Toxique pour le chien : ces aliments sont dangereux

Un chien mangerait à peu près n'importe quoi si on le laissait faire. Le biscuit tombé par terre, le carré de chocolat oublié sur la table basse, les restes du souper : pour une truffe de chien, tout cela sent la bonne affaire. Sauf que l'estomac d'un chien n'est pas une poubelle. Certains aliments tout à fait banals, sans le moindre danger pour nous, peuvent réellement nuire à votre chien, du simple mal de ventre à l'urgence vétérinaire. La bonne nouvelle d'abord : quand on sait ce qui est risqué et qu'on réagit avec calme et rapidité, l'histoire finit presque toujours bien.
Pas besoin d'être toxicologue. Il suffit de connaître les principaux coupables, de les garder hors de portée et de savoir qui appeler si, malgré tout, un accident arrive.
Les trois plus dangereux : chocolat, raisin, xylitol
Quand on demande aux vétérinaires quels aliments provoquent le plus souvent de véritables urgences, ce sont presque toujours les trois mêmes noms qui reviennent : le chocolat, le raisin (frais et sec) et l'édulcorant xylitol. Ils ont un point commun agaçant : ils traînent dans beaucoup de foyers, surtout autour de Noël et de Pâques.
Chocolat et cacao
Le chocolat contient de la théobromine et un peu de caféine. Le corps du chien les élimine très lentement, et c'est précisément ce qui pose problème. Règle simple : plus le chocolat est noir, plus il contient de théobromine. Le chocolat noir et le chocolat de cuisson sont les plus dangereux, le chocolat au lait l'est moins, le chocolat blanc encore moins. Un chien qui en a avalé devient souvent agité, vomit, a le cœur qui s'emballe et se met à trembler ; dans les cas graves, des convulsions apparaissent. Le calendrier de l'Avent à hauteur de museau ou les œufs cachés au jardin à Pâques ne sont donc pas une bonne idée.
Raisin frais et raisins secs
Le raisin et les raisins secs peuvent provoquer une insuffisance rénale aiguë chez le chien. Le plus sournois, c'est qu'aucune quantité n'est connue pour être sûre de manière fiable : traitez toute ingestion comme un incident sérieux. Pensez aussi aux formes cachées : les raisins secs se glissent dans les gâteaux, le panettone, le muesli ou les biscuits. Petits et discrets, ils passent facilement inaperçus.
Xylitol
Le xylitol, parfois vendu sous le nom de sucre de bouleau, est l'un des poisons domestiques les plus sous-estimés. On le trouve dans les chewing-gums sans sucre, les bonbons, certaines pâtisseries et parfois même dans le beurre de cacahuète. Chez le chien, il déclenche une chute rapide et dangereuse de la glycémie et peut entraîner une défaillance du foie. De petites quantités suffisent déjà à poser problème.

Le reste de la liste noire
À côté des trois grands, plusieurs autres aliments n'ont rien à faire dans la gamelle. Certains agissent tout de suite, d'autres s'accumulent en silence au fil des jours.
Oignon, ail, poireau et ciboulette
Toute la famille de l'oignon, crue, cuite ou séchée, abîme les globules rouges et peut provoquer une anémie. Le piège, c'est que l'effet s'additionne. Pas besoin d'une grosse portion unique : il suffit que des restes contenant de l'oignon ou de l'ail finissent régulièrement dans la gamelle, par exemple avec une sauce ou un bout de pizza. Les mélanges d'épices séchées comptent aussi.
Noix de macadamia
Les noix de macadamia entraînent chez le chien faiblesse, démarche titubante, tremblements, fièvre et vomissements. On les retrouve souvent dans les petits biscuits fins de Noël et les mélanges de noix, une raison de plus de bien fermer la boîte à biscuits.
Alcool et pâte à levure crue
L'alcool n'a rien à faire dans un chien, même en petite gorgée. La pâte à levure crue est particulièrement sournoise : elle continue de lever dans l'estomac chaud, le dilate et produit en plus de l'alcool. Elle est donc doublement dangereuse. Ne laissez jamais une pâte reposer à portée de museau.
Caféine
Le café, le thé noir et les boissons énergisantes agissent comme le chocolat ; là encore, c'est une substance proche de la caféine qui pose problème. La tasse de café à moitié bue ou le marc de café sur le compost sont plus risqués qu'on ne le pense.
Avocat, os, sel et gras
L'avocat contient de la persine et pose surtout problème en plus grande quantité ; s'y ajoute le gros noyau, vite avalé, qui peut boucher l'intestin. Les os cuits, eux, se fendent en éclats et peuvent blesser le tube digestif ou l'obstruer. Enfin, une grande quantité de sel ainsi que les plats très gras ou épicés ne conviennent pas au chien et peuvent déclencher une inflammation du pancréas. Les restes de la raclette ou la saucisse bien grasse ne sont donc pas un cadeau.

Comment reconnaître une intoxication
Les signes dépendent beaucoup de ce que le chien a avalé et en quelle quantité, et ils peuvent apparaître avec plusieurs heures de retard. Un chien qui va bien dans l'immédiat n'est donc pas encore tiré d'affaire. Surveillez ces signaux :
- vomissements et diarrhée
- salivation abondante
- agitation ou, à l'inverse, apathie inhabituelle
- démarche titubante ou tremblements
- rythme cardiaque rapide
- dans les cas graves, effondrement ou convulsions
Si votre chien vous paraît bizarre après avoir reniflé ou grignoté quelque chose, n'attendez pas que cela empire.

Que faire en cas d'urgence
Si vous savez ou soupçonnez que votre chien a mangé quelque chose de toxique, n'attendez pas les symptômes : agissez tout de suite. Le plus important est de rester calme et de procéder dans l'ordre :
- Notez quoi, environ quelle quantité et quand votre chien l'a avalé.
- Gardez l'emballage, il aide le vétérinaire à évaluer le risque.
- Appelez immédiatement votre vétérinaire ou la clinique d'urgence la plus proche. Ou composez le numéro national et gratuit de Tox Info Suisse : 145. Il est joignable 24 heures sur 24, gratuit, et renseigne aussi sur les intoxications des animaux.
Un point est essentiel : ne faites jamais vomir votre chien de votre propre initiative, sauf si le vétérinaire vous le demande explicitement. Avec certaines substances, le vomissement fait plus de mal que le poison lui-même. Laissez cette décision aux professionnels au bout du fil.

Prévenir à la maison
La plupart des intoxications n'arrivent pas en promenade, mais dans sa propre cuisine. Quelques habitudes simples suffisent à écarter l'essentiel du risque :
- Rangez les aliments délicats hors de portée, ne les laissez pas sur la table ou le plan de travail.
- Pas de restes de table, pas de « juste un petit morceau » ; le chien apprend sinon exactement le mauvais réflexe.
- Prévenez brièvement les enfants et les invités. À Noël et à Pâques, le chocolat et les raisins secs traînent partout, et tout le monde ne pense pas au chien.
- Gardez un œil sur les sacs à main ; le chewing-gum sans sucre au xylitol est un grand classique.
- Sécurisez la poubelle. Marc de café, épluchures d'oignon et restes avariés sont tentants pour une truffe curieuse.

Danger en promenade : les appâts empoisonnés
Les appâts empoisonnés, ces bouchées piégées volontairement et disséminées par malveillance, forment un chapitre à part. Vous ne pouvez pas tout empêcher, mais vous pouvez apprendre à votre chien à ne rien ramasser au sol. Un « laisse » ou un « non » fiable vaut de l'or et s'entraîne bien avec un peu de patience. Si vous soupçonnez que votre chien a avalé un appât, la règle est la même que pour toute intoxication : direction le vétérinaire ou la clinique d'urgence sans attendre.
Rester serein : presque tout s'évite
Aussi longue que paraisse la liste, un peu de bon sens suffit à garder la situation en main. Mettez les trois grands, chocolat, raisin et xylitol, particulièrement bien à l'abri, ne donnez pas de restes de table et gardez le numéro de votre vétérinaire à portée de main. L'estomac de votre chien restera alors ce qu'il doit être : bien rempli, mais des bonnes choses.
Vous trouverez plus d'aide dans notre aperçu des vétérinaires et services d'urgence de votre région. Si un jeune chien vient d'arriver chez vous, notre guide sur le chiot vaut le détour, et pour garder un œil sur les dépenses courantes, lisez notre article sur le coût d'un chien.
Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.