Premiers secours pour le chien : que faire en cas d'urgence

Tout va plus vite qu'on ne le croit. Le chien se coupe sur un tesson en forêt, s'étouffe en jouant, s'effondre d'un coup un jour de canicule. Dans ces moments-là, l'essentiel est de savoir quoi faire – et de garder son calme. Les premiers secours au chien n'ont rien de sorcier. Ce sont quelques gestes simples qui, au bon moment, font gagner un temps précieux.
Et c'est précisément ce qu'il faut retenir avant d'entrer dans le détail : les premiers secours font gagner du temps, mais ne remplacent jamais le vétérinaire. Ce que vous faites à la maison ou en promenade sert à tenir le coup jusqu'à ce que votre chien soit entre des mains compétentes. Après toute vraie urgence, direction le vétérinaire ou la clinique d'urgence – même si votre chien semble avoir retrouvé la forme.
Garder son calme, le premier des gestes
Un chien lit votre humeur avec une précision étonnante. Si vous paniquez, cela déteint aussitôt sur lui, et un chien agité se soigne beaucoup moins bien. Le premier geste n'est donc pas un geste, mais une grande inspiration. Faites un rapide état des lieux : que s'est-il passé, y a-t-il du sang, le chien est-il conscient, respire-t-il normalement ? Parlez-lui doucement, d'une voix posée : ces quelques secondes de clarté vous font commencer par ce qui compte.

La trousse de secours à avoir chez soi
Le jour où ça arrive, vous ne voulez pas avoir à chercher. Une petite trousse de secours pour le chien, à portée de main à la maison et, idéalement, en version réduite dans la voiture ou le sac à dos, enlève beaucoup de stress. Elle doit contenir :
- une pince à tiques et une pince à épiler classique
- de la gaze et une bande auto-adhésive (type Vetwrap)
- des compresses stériles
- du sérum physiologique ou une solution de rinçage des plaies
- un thermomètre digital
- des gants jetables
- une couverture
- les numéros de votre vétérinaire, de la clinique d'urgence la plus proche et de Tox Info Suisse, 145
La couverture réchauffe un chien en hypothermie ou en état de choc et sert au besoin de brancard improvisé. Vérifiez de temps en temps que rien ne manque et que rien n'est périmé.

Manipuler un chien blessé en sécurité
À savoir avant même de poser la main sur lui : un chien qui a mal ou qui panique peut mordre – y compris le vôtre, celui qui ne ferait pas de mal à une mouche. Ce n'est pas de la méchanceté, c'est un réflexe ; protégez-vous quand même.
Approchez lentement, parlez d'une voix calme. N'allez pas vers lui de face et de manière brusque. Maintenez-le avec douceur mais fermeté, pour qu'il ne se blesse pas davantage pendant les soins. Face à un chien gravement blessé et paniqué, mieux vaut improviser une muselière de fortune avant de le toucher – par exemple une bande de gaze passée sans serrer autour du museau – ou l'envelopper délicatement dans une couverture. Vous vous protégez ainsi tous les deux. En cas de doute, faites-vous aider par quelqu'un.

Les urgences les plus fréquentes, une par une
Chaque urgence est différente, mais certaines reviennent souvent. Voici les principales, toujours dans le même but : gagner du temps jusqu'au vétérinaire.
Hémorragie
Sur une plaie qui saigne, prenez un linge propre ou une compresse stérile, appuyez directement dessus et posez un bandage bien serré. Maintenez la pression – une hémorragie s'arrête surtout par la pression, pas en soulevant le pansement sans arrêt pour regarder. Si le sang traverse, ajoutez simplement une couche par-dessus au lieu de retirer le bandage. Puis direction le vétérinaire. Oubliez le garrot, sauf en cas d'hémorragie vraiment catastrophique à une patte, impossible à arrêter par la pression – c'est la grande exception.
Coup de chaleur
Le coup de chaleur est une vraie urgence, surtout en été et plus encore dans une voiture surchauffée. Mettez tout de suite le chien à l'ombre, proposez-lui de l'eau et rafraîchissez-le avec de l'eau fraîche – pas glacée – surtout sur le ventre et les coussinets. L'eau glacée ou la glace sont une fausse bonne idée : elles resserrent les vaisseaux trop brutalement. Et, en même temps que vous le rafraîchissez, foncez chez le vétérinaire. Un coup de chaleur peut rester dangereux alors même que le chien a l'air d'aller mieux.
Suspicion d'empoisonnement
Si votre chien a avalé quelque chose de toxique, ou que vous le soupçonnez, appelez immédiatement votre vétérinaire ou le numéro anti-poison 145. Emportez l'emballage ou un échantillon de ce qu'il a ingéré – cela aide énormément à évaluer la situation. Très important : ne le faites pas vomir de votre propre initiative, sauf si un professionnel vous le demande explicitement. Avec certaines substances, le vomissement fait plus de dégâts que le poison lui-même.
Étouffement
Si votre chien s'étrangle, tousse et respire mal parce que quelque chose est coincé dans sa gorge, ouvrez-lui prudemment la gueule et regardez. Si vous voyez l'objet clairement et pouvez le retirer sans danger, faites-le. Si vous ne l'attrapez pas ou ne le voyez pas, n'allez pas fouiller à l'aveugle avec les doigts – vous risquez de l'enfoncer davantage. Donnez plutôt des tapes fermes, avec le plat de la main, entre les omoplates, et filez chez le vétérinaire.
Crise convulsive
Une crise convulsive est impressionnante à voir, et pourtant l'essentiel est de garder vos distances. Ne maintenez pas le chien et n'approchez pas les mains de sa gueule – en pleine crise, il mord sans le contrôler. Écartez les objets durs ou tranchants pour qu'il ne se blesse pas, tamisez la lumière, faites le calme autour de lui et parlez tout bas. Notez la durée de la crise : cette information est précieuse pour le vétérinaire. Ensuite, un contrôle s'impose dans tous les cas.
Fractures et lésions internes
Après une chute ou un accident de voiture, un chien peut s'être cassé quelque chose ou avoir des lésions internes invisibles de l'extérieur. Bougez-le le moins possible, gardez-le au chaud et au calme, et transportez-le avec précaution sur une surface ferme et rigide – une planche, une couverture raidie, à défaut le hayon de la voiture. Évitez de le tourner ou de le plier. Et même s'il ne fait que boiter et semble normal par ailleurs : après un accident, tout chien doit passer un examen chez le vétérinaire.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Parfois, s'abstenir est le meilleur des premiers secours. Quelques gestes, aussi bien intentionnés soient-ils, aggravent la situation :
- Pas d'antidouleurs pour humains. L'ibuprofène et le paracétamol sont toxiques pour le chien, même à petite dose. Ce qui nous soulage peut l'empoisonner. Les antidouleurs, c'est le vétérinaire qui les prescrit, un point c'est tout.
- Ne pas faire vomir soi-même – comme dit plus haut, uniquement sur consigne explicite.
- Pas de remèdes de grand-mère au hasard. Du lait contre le poison, du beurre, de l'huile, du sel dans la gueule, du dentifrice sur les plaies : ces « astuces » glanées sur internet font souvent plus de mal que de bien. Dans le doute, ne donnez rien et téléphonez.
- Ne désinfectez pas les plaies avec des produits agressifs. Pour rincer, utilisez du sérum physiologique ou de l'eau claire, pas un désinfectant fortement alcoolisé.

Les constantes et quand il faut toujours consulter
Il est utile de connaître les valeurs normales de votre chien, pour pouvoir juger, le moment venu, si quelque chose cloche. La température corporelle normale d'un chien se situe autour de 38,0 à 39,0 °C, mesurée avec un thermomètre digital. Nettement au-dessus ou en dessous, c'est un signal d'alarme. Surveillez aussi la respiration et le fait que votre chien réagisse normalement à vous.
Vous filez chez le vétérinaire ou à la clinique d'urgence dans tous les cas si :
- une hémorragie ne s'arrête pas rapidement
- votre chien respire à peine ou avec difficulté
- il a perdu connaissance ou ne réagit plus correctement
- vous suspectez un empoisonnement
- il a eu une crise convulsive
- il a été victime d'un accident – même sans blessure visible
- un coup de chaleur est en jeu
Dans le doute, la règle est toujours la même : mieux vaut téléphoner une fois de trop qu'une fois de trop peu. Un avis rapide par téléphone ne coûte rien et peut tout changer.
Être prêt avant que ça n'arrive
La meilleure urgence est celle à laquelle on est préparé. Enregistrez dès aujourd'hui le numéro de votre vétérinaire et de la clinique d'urgence la plus proche dans votre téléphone – le jour où ça arrive, vous n'aurez pas envie de chercher sur internet. Et repérez maintenant où se trouve la clinique de garde la plus proche. Savoir où aller avant d'en avoir besoin fait gagner de précieuses minutes.
Pour bien faire les choses : certaines organisations de protection et de sauvetage des animaux proposent des cours pratiques de premiers secours pour les propriétaires de chiens. On y répète les gestes avec les mains, au lieu de seulement les lire – et le moment venu, beaucoup se fait tout seul.
Au fond, les premiers secours, c'est avant tout ça : gagner du temps et rester calme jusqu'à ce que les professionnels prennent le relais. Vous trouverez chez nous un aperçu des vétérinaires et services d'urgence de votre région – profitez-en pour repérer dès maintenant votre service de garde. Pour savoir reconnaître et éviter les intoxications, lisez notre guide sur les aliments toxiques. Et si vous vous demandez comment amortir des frais vétérinaires imprévus, notre article sur l'assurance pour chien répond à l'essentiel.
Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.