Les tiques chez le chien : protection, retrait et maladies principales

Vous rentrez d'une balade en lisière de forêt, vous passez la main dans le pelage de votre chien pour le caresser – et vous sentez soudain un petit point dur. Une tique. En cherchant un peu, vous en trouvez une deuxième, puis une troisième. Par une belle journée de printemps, après une course dans les hautes herbes, il n'est pas rare d'en récolter une bonne dizaine. Pour beaucoup de propriétaires de chiens en Suisse, cela fait simplement partie du décor dès le retour des beaux jours. Les tiques sont pénibles, c'est certain – mais surtout, elles peuvent transmettre des maladies, dont certaines sont vraiment sérieuses. La bonne nouvelle : avec un peu de connaissances et une routine bien ancrée, le sujet devient tout à fait gérable. Voici l'essentiel.
Quand et où se cachent les tiques
Les tiques ne sont pas des bestioles réservées à l'été. Dès qu'il fait environ 7 degrés dehors, elles deviennent actives – ce qui, chez nous, correspond grosso modo à la période de mars à octobre. Et comme les hivers se font plus doux, on en attrape désormais presque toute l'année. La saison des tiques est donc plus longue qu'on ne le croit souvent.
Où se tiennent-elles ? De préférence là où c'est humide, ombragé et broussailleux. Les forêts, et surtout les lisières, sont de vrais réservoirs à tiques, tout comme les hautes herbes, les buissons et les sous-bois. Les tiques ne sautent pas et ne volent pas : elles patientent, accrochées à un brin d'herbe ou dans les broussailles, et se laissent emporter quand votre chien passe à leur portée. C'est bien pour cela qu'un chien qui adore foncer à travers les prés et inspecter chaque buisson est un véritable aimant à tiques. En pleine saison, si vous restez sur les chemins et évitez l'herbe qui monte aux genoux, votre chien en ramassera nettement moins.

Pourquoi une piqûre de tique compte : les maladies
La plupart des piqûres de tique restent heureusement sans conséquence. Le problème, ce n'est pas la piqûre en elle-même, mais ce qu'une tique peut transmettre pendant qu'elle se nourrit. En Suisse, ce sont surtout ces maladies qui nous concernent.
La borréliose
La borréliose, ou maladie de Lyme, est provoquée par des bactéries, les borrélies. Le point clé : ces bactéries ont besoin d'environ 36 à 72 heures de succion pour passer dans l'organisme du chien. Une tique que vous retirez dans la journée ne peut donc, en règle générale, même pas le contaminer – voilà pourquoi inspecter et retirer vite est si efficace.
Près de 60 pour cent des chiens suisses ont déjà été en contact avec ces bactéries : ils sont séropositifs. Mais seule une petite partie tombe réellement malade, environ 5 à 10 pour cent des chiens infectés. Et quand les symptômes apparaissent, c'est souvent des mois plus tard – ce qui rend la borréliose particulièrement sournoise. On observe typiquement une boiterie changeante, une patte aujourd'hui, une autre dans quelques jours, avec de la fièvre et de l'abattement ; plus rarement, les reins ou le cœur sont touchés. Le traitement repose sur des antibiotiques pendant environ quatre semaines. Pour les chiens à haut risque – chiens de chasse, chiens qui passent beaucoup de temps en forêt et dans les champs –, il existe un vaccin qui mérite réflexion. Il n'offre toutefois pas une protection à cent pour cent.
La babésiose
La babésiose est aussi appelée « malaria du chien » ou piroplasmose, et le nom dit bien les choses : de minuscules parasites s'attaquent aux globules rouges et les détruisent. Elle est transmise surtout par la tique des prés (Dermacentor), après environ 48 à 96 heures. Les signes peuvent être violents – fièvre, grande faiblesse, perte d'appétit, anémie et urines foncées, presque couleur cola. C'est une véritable urgence : la babésiose peut mettre la vie du chien en danger, chaque heure compte et vous filez immédiatement chez le vétérinaire. En Suisse, la maladie gagne du terrain ; ce n'est donc plus seulement un souci de vacances.
L'anaplasmose
L'anaplasmose est transmise par la tique commune (Ixodes), la plus répandue chez nous. Les signes typiques sont la fièvre, la fatigue, le manque d'appétit et des articulations enflammées et douloureuses. Là encore : si votre chien traîne la patte et manque d'entrain après la saison des tiques, cela mérite un examen.
L'ehrlichiose
L'ehrlichiose est transmise par la tique brune du chien et concerne surtout ceux qui voyagent vers le sud avec leur animal – en Europe méridionale ou autour de la Méditerranée. Si vous prévoyez des vacances au bord de la mer, réglez la question de la protection antitiques avec votre vétérinaire avant de partir.
L'encéphalite à tiques (FSME)
Et l'encéphalite à tiques, la FSME ? Elle est surtout dangereuse pour nous, les humains – les chiens n'en tombent que rarement malades. Pensez donc aussi à votre propre protection lors de vos balades.

Retirer une tique correctement
Comme la transmission de tant de maladies prend des heures, retirer vite la tique est l'une de vos meilleures armes – surtout contre la borréliose. Faites de l'inspection un réflexe après chaque sortie. Passez soigneusement la main dans le pelage et palpez en particulier les endroits que les tiques affectionnent :
- les oreilles et la tête
- le cou et la nuque
- les aisselles
- entre les doigts
- l'aine
Une fois la tique repérée, voici comment procéder :
- Prenez un crochet à tiques ou une pince fine et saisissez la tique au plus près de la peau, juste à hauteur de sa tête.
- Tirez lentement et régulièrement, bien droit. Sans tourner, sans à-coups.
- Ne comprimez jamais le corps de la tique. Et oubliez les remèdes de grand-mère – huile, colle, chaleur : tout cela ne fait qu'irriter la tique et la pousse à libérer encore plus de salive. C'est précisément ce que vous voulez éviter.
- Désinfectez ensuite l'endroit.
Surveillez le point de piqûre pendant quelques semaines. Si une rougeur ou un gonflement marqué apparaît, ou si votre chien devient apathique, fait de la fièvre ou se met à boiter, rendez-vous chez le vétérinaire – et mentionnez la piqûre. S'il arrive qu'un petit morceau de la tique reste planté, pas de panique : le corps l'élimine le plus souvent tout seul. Surveillez simplement l'endroit d'un peu plus près.

Comment protéger votre chien
La protection parfaite et totale n'existe pas, mais une combinaison de plusieurs mesures s'en approche beaucoup :
- Les antiparasitaires : les vétérinaires recommandent surtout les spot-on à déposer sur la nuque, les colliers antitiques et les comprimés à croquer. Ils diffèrent par ce contre quoi ils agissent et par leur durée – demandez donc à votre vétérinaire ce qui convient à votre chien et à votre région.
- L'inspection : aucun produit ne remplace le contrôle après la balade. Ces deux minutes de vérification du pelage valent de l'or.
- Le vaccin : pour les chiens à haut risque, le vaccin contre la borréliose mérite d'être envisagé.
- Les chemins : en pleine saison, restez sur les sentiers et évitez les hautes herbes autant que possible.
C'est l'ensemble qui fonctionne le mieux : un produit qui éloigne les tiques, plus le contrôle quotidien qui rattrape celles qui sont malgré tout passées à travers, avant qu'elles ne fassent des dégâts.

Le coût – pourquoi la prévention paie
Un antiparasitaire représente une certaine dépense sur la saison, c'est vrai. Mais elle est dérisoire comparée à ce que coûte le traitement d'une vraie maladie transmise par les tiques. Une babésiose, par exemple, peut exiger une prise en charge intensive, parfois avec hospitalisation – la facture grimpe vite, et pour le chien, c'est tout sauf agréable. La prévention revient presque toujours moins cher que la guérison, sans même parler de la souffrance épargnée.
C'est aussi là qu'une assurance pour chien prend tout son sens : elle amortit les grosses factures vétérinaires imprévues quand la situation devient sérieuse. Ce que couvre une telle assurance et dans quels cas elle est rentable, nous l'avons détaillé dans un guide à part.

Garder son calme – mais contrôler
Pour finir, l'essentiel : pas de panique. La grande majorité des piqûres de tique surviennent, la tique est retirée, et tout est oublié dès le lendemain. Vous n'avez pas à interdire la forêt à votre chien ni à renoncer aux belles courses dans les hautes herbes. Ce qu'il vous faut, c'est une routine bien rodée – un antiparasitaire adapté, le petit contrôle du pelage après chaque sortie, un retrait propre et un œil attentif dans les semaines qui suivent. Vous ôtez ainsi à la saison des tiques ce qu'elle a de plus inquiétant, et vous pouvez profiter du printemps et de l'été comme il se doit.
Si vous avez un doute ou si votre chien présente des symptômes après une piqûre, le vétérinaire est le bon interlocuteur – vous trouverez les cabinets près de chez vous dans notre aperçu des prestations. Pour savoir comment vous prémunir contre les factures vétérinaires salées, lisez notre guide sur l'assurance pour chien. Et si un jeune chien vient d'arriver chez vous, jetez aussi un œil à notre guide du chiot, où nous avons réuni les premiers réflexes santé.
Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.