Plantes toxiques pour le chien : jardin, maison et nature

Le plus grand danger végétal pour votre chien ne pousse pas au fond des bois. Le plus souvent, il se trouve juste devant la porte : dans votre jardin, sur le balcon, dans le pot posé sur le rebord de la fenêtre ou dans le bouquet au milieu de la table. Beaucoup de plantes sans le moindre danger pour nous sont toxiques pour un chien – certaines provoquent un simple mal de ventre, d'autres peuvent mettre sa vie en jeu. Et comme le chien explore le monde avec sa gueule, une feuille, une baie ou un bulbe se retrouve vite dans sa bouche.
La liste des coupables possibles est longue, et cet article ne peut pas la dresser en entier. Il vous montre les plantes les plus importantes à connaître, ce à quoi faire attention avec les plantes d'intérieur et les bouquets, et comment réagir si votre chien a malgré tout grignoté quelque chose. Une règle avant tout, qui prime sur le reste : si vous avez un doute sur une plante, éloignez votre chien et posez la question plutôt une fois de trop.
Jardin et nature : les plantes à connaître
Commençons dehors, car c'est là que se concentre le plus gros du danger. Certaines des plantes les plus toxiques qui soient sont de banales plantes de jardin ou de haie, devant lesquelles nous passons chaque jour. En Suisse justement, d'innombrables haies sont faites de laurier-cerise, de thuya ou de buis, et l'if se rencontre dans bien des jardins anciens et des cimetières.
Tout en haut de la liste : l'if. À part la chair rouge de ses baies, la plante entière est très toxique, en particulier les aiguilles et les graines ; de petites quantités suffisent déjà à dérégler le cœur. Aussi sérieux sont le laurier-rose, la digitale et le muguet : tous trois contiennent des substances qui agissent sur le rythme cardiaque. La digitale, avec ses fleurs en clochette, a l'air inoffensive, mais elle est toxique de part en part, et pour le muguet, il suffit qu'il mâchouille quelques feuilles ou boive une gorgée de l'eau du vase.
D'autres plantes à garder à l'œil au jardin et en pleine nature :
- le colchique d'automne – dans les prés humides à la fin de l'été et en automne, très toxique dans toutes ses parties ;
- le rhododendron et l'azalée – quelques feuilles suffisent à provoquer salivation, vomissements et faiblesse ;
- le cytise – ses jolies grappes jaunes et surtout ses gousses semblables à des petits pois sont toxiques ;
- le laurier-cerise – omniprésent en haie persistante, ses feuilles et ses graines libèrent de l'acide cyanhydrique ;
- le buis et le thuya – deux classiques des haies, tous deux toxiques, surtout quand le chien les mâchonne ;
- le lierre – feuilles et baies irritent la gueule et l'estomac.
Pensez aussi au tas de compost et aux déchets verts : les tailles de haies toxiques sont tout aussi risquées pour un chien curieux que la plante sur pied.

Pourquoi les bulbes sont si sournois
Les bulbes à fleurs méritent une catégorie à part. La tulipe, le narcisse et la jacinthe comptent parmi les fleurs de printemps préférées – et leur bulbe est la partie la plus toxique de toute la plante. C'est là que le bât blesse.
Beaucoup de chiens adorent creuser. En automne, quand vous plantez les bulbes fraîchement dans la terre, le sol remué sent bon l'aventure, et le chien déterre aussitôt le bulbe. Le sac de bulbes qui traîne ouvert dans le garage ou la cabane de jardin est tout aussi risqué. Pour un chien, un bulbe ressemble à une balle ou à une friandise. Rangez donc les bulbes bien fermés et gardez un œil un moment sur les massifs tout juste plantés.

Plantes d'intérieur et bouquets
À l'intérieur non plus, toutes les plantes vertes ne sont pas inoffensives, et contrairement au jardin, les plantes d'appartement posent problème toute l'année. Tout un groupe de plantes très courantes revient régulièrement : le dieffenbachia, le pothos, le spathiphyllum et le philodendron. Tous contiennent de minuscules cristaux en forme d'aiguilles qui irritent fortement la gueule et la gorge dès qu'on les mâche – le chien bave, s'étrangle et peut enfler dans la bouche.
S'y ajoutent le cyclamen, dont le tubercule au fond du pot est la partie la plus toxique, et le ricin, dont les graines comptent parmi les plus dangereuses qui soient. Une bonne nouvelle tout de même : le poinsettia, l'étoile de Noël qui trône dans tant de salons pendant les fêtes, a plus mauvaise réputation qu'il ne le mérite. Sa sève laiteuse ne fait en général qu'irriter légèrement la peau et les muqueuses, bien moins dramatique qu'on ne le dit souvent.
Les moments délicats sont le rempotage et les feuilles tombées qui restent au sol sans qu'on les voie. Et puis il y a les fleurs coupées : un joli bouquet de printemps contient vite des tulipes, des narcisses ou du muguet. Placez les bouquets hors de portée, ramassez tout de suite les feuilles et les pétales tombés et ne laissez pas votre chien boire l'eau du vase.

Comment reconnaître une intoxication
La façon dont une intoxication se manifeste dépend beaucoup de la plante et de la quantité. Certains signes apparaissent tout de suite, d'autres seulement après quelques heures. Surveillez :
- une salivation et une déglutition accrues ;
- des vomissements et de la diarrhée ;
- une gueule irritée et douloureuse ;
- des tremblements, de l'agitation ou de la faiblesse ;
- dans les cas graves, des troubles du rythme cardiaque ou des atteintes neurologiques comme des convulsions.
Un chien qui va bien sur le moment n'est pas pour autant tiré d'affaire. Avec les plantes qui touchent le cœur en particulier, son état peut se dégrader avec du retard.

Ce qu'il faut faire tout de suite
Si vous surprenez votre chien près d'une plante toxique ou si vous trouvez des feuilles grignotées, procédez calmement, dans l'ordre :
- Retirez immédiatement la plante et enlevez les restes de sa gueule.
- Retenez quelle plante c'était et prenez-la en photo. Gardez un échantillon – une feuille, une fleur, un bout de bulbe – pour le vétérinaire.
- Appelez tout de suite votre vétérinaire ou le numéro national et gratuit de Tox Info Suisse : 145. Il répond jour et nuit et conseille aussi pour les animaux.
Deux choses sont décisives. Premièrement : n'attendez pas l'apparition des symptômes – avec certains poisons, chaque minute compte. Deuxièmement : ne faites jamais vomir votre chien de votre propre initiative. Avec certaines plantes, cela fait plus de mal que le poison lui-même. C'est aux professionnels, au téléphone ou au cabinet, de décider s'il faut le faire vomir et comment.

Qui est le plus exposé – et comment prévenir
Deux groupes sont particulièrement exposés : les chiots, qui explorent tout avec la gueule, et les chiens qui grignotent les plantes par ennui. Un chien souvent seul ou pas assez occupé se rabat vite sur la plante d'appartement.
Prévenir n'a heureusement rien de compliqué :
- Faites une fois le tour du jardin, du balcon et de l'appartement en regardant ce qui se trouve à hauteur de chien.
- Mettez les plantes d'intérieur toxiques en hauteur, ou débarrassez-vous-en tant que votre chien mâchouille encore tout.
- Sécurisez les massifs fraîchement plantés et rangez les bulbes bien fermés.
- Vérifiez chaque bouquet que vous rapportez à la maison.
- Offrez une vraie alternative aux mâchouilleurs qui s'ennuient – un os à mâcher ou un jouet vaut mieux que la plante verte.
Dans le doute, mieux vaut demander une fois de trop
Cet aperçu cite les plantes les plus importantes, mais il n'est volontairement pas complet – les espèces toxiques sont tout simplement trop nombreuses. C'est justement pour cela qu'une règle simple s'impose : si vous ne connaissez pas une plante ou si vous n'êtes pas sûr qu'elle soit toxique, éloignez votre chien et renseignez-vous. Un coup de fil coûtera toujours moins cher qu'une urgence, et dans le doute, le 145 vous renseigne rapidement.
Vous trouverez les vétérinaires et services d'urgence proches de chez vous dans notre aperçu des vétérinaires et services. Dans le même esprit, découvrez quels aliments sont toxiques pour le chien, et notre guide des premiers secours pour le chien vous explique comment garder votre sang-froid et bien réagir en cas d'urgence.
Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.