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Santé & reproduction

Gestation et mise bas chez la chienne : le déroulement

Santé & reproduction · 10 Min. · Mise à jour août 2026
Dog sitting on comfortable couch and looking at pregnant lady in casual dress in room at daytime
Photo: Amina Filkins / Pexels

Neuf semaines à peine – c'est le temps qu'il faut pour qu'une chienne saillie devienne une mère entourée d'une portée de chiots. Peu d'étapes dans la vie d'un chien sont aussi intenses, aussi belles et aussi lourdes de responsabilité que la gestation et la mise bas. Bien des choses se déroulent avec un naturel étonnant, car la nature a solidement préparé la chienne à ce moment. Et pourtant, en quelques heures, beaucoup peut mal tourner si personne ne sait à quoi être attentif. Quiconque accompagne une gestation – planifiée ou non – devrait donc en connaître le déroulement général et, surtout, savoir à quel moment un processus naturel devient une urgence.

Ce guide suit, dans l'ordre, les grandes étapes : de la question de fond – une saillie est-elle seulement responsable ? – à la confirmation de la gestation, aux soins durant les neuf semaines, puis à la mise bas, aux signes d'alerte d'une urgence et à la période qui suit. Les chaleurs et le cycle, qui précèdent toute gestation, sont décrits en détail dans notre article sur les chaleurs chez la chienne. Et disons-le d'emblée, en toute clarté : le texte qui suit offre une orientation générale, mais ne remplace pas un suivi vétérinaire. Chaque gestation est différente, et votre vétérinaire doit être associée dès le départ.

Avant de penser à une portée : l'élevage responsable

Avant même toute saillie se pose une question honnête : cette chienne doit-elle vraiment avoir des chiots ? Élever une portée est une grande responsabilité, non un projet de week-end – et cela peut vite mal tourner, pour la chienne comme pour les chiots. Les éleveuses et éleveurs expérimentés planifient chaque saillie longtemps à l'avance, en étroite collaboration avec un vétérinaire ; qui accompagne une portée pour la première fois devrait le faire plus encore. Le souhait, souvent entendu, d'« une portée pour que les enfants voient cela une fois » ou « pour que la chienne ait été mère au moins une fois » n'est pas une bonne raison – la préparation nécessaire fait rarement partie du tableau.

S'y ajoute le cadre légal. En Suisse, l'élevage canin est considéré comme professionnel (gewerbsmässig) dès que l'on élève plus de trois portées par an ou que l'on cède plus de vingt chiens par an ; il faut alors une autorisation cantonale et une formation spécialisée reconnue (FBA). Mais même en dessous de ce seuil, pour une seule portée « privée », l'ensemble des prescriptions de protection des animaux s'appliquent – notamment quant à la détention, à la socialisation et à l'âge de cession des chiots. Vous trouverez un aperçu des obligations légales liées au chien dans notre article Droit & impôts.

Une autre réflexion s'impose dans toute démarche d'élevage honnête : en Suisse, de nombreux chiens attendent déjà un foyer. Vouloir un chien n'oblige pas à élever soi-même – ce à quoi ressemble une acquisition responsable, notre guide sur l'achat d'un chien en Suisse le montre. Et pour qui ne souhaite assurément pas de descendance, la stérilisation de la chienne est l'alternative fiable, qui exclut d'emblée toute gestation non désirée.

Full body of happy pregnant woman and man cuddling and kissing each other while resting on floor at home with cute Yorks

Ma chienne est-elle gestante ?

Durant les premières semaines, une chienne gestante ne laisse en général rien paraître – les signes extérieurs manquent presque totalement, et la prise de poids ou l'arrondi du ventre n'apparaissent que tardivement. La certitude ne vient donc pas de l'observation à la maison, mais du vétérinaire. Le plus parlant est l'échographie, qui révèle une gestation entre le 21e et le 25e jour environ après la saillie ; les battements cardiaques des chiots deviennent visibles à partir du 28e jour environ. Il existe aussi un test sanguin recherchant la relaxine, l'hormone de gestation, et une vétérinaire expérimentée peut palper délicatement l'abdomen entre le 20e et le 30e jour environ. Quant au nombre de chiots à attendre, c'est la radiographie, à partir du 42e ou 45e jour environ, qui le détermine le plus sûrement, lorsque les squelettes des chiots deviennent visibles – le compte est alors le plus souvent exact à un petit près. Cette information vaut de l'or : le jour de la mise bas, vous saurez si tous les chiots sont bien nés. Vous trouverez un cabinet proche de chez vous dans notre répertoire de vétérinaires.

Side view of crop happy young pregnant female in casual dress smiling while touching belly standing in front of mirror n

Les quelque neuf semaines : gestation et soins

La gestation dure en moyenne environ 63 jours, comptés depuis la saillie – réalistement de 63 jours à une semaine près, soit grossièrement entre 56 et 70 jours. Durant la première moitié, peu de choses changent extérieurement, et il est important de le savoir : inutile, à ce stade, de ménager particulièrement la chienne ou de la nourrir autrement. Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié de la gestation que les besoins nutritionnels augmentent sensiblement. À titre de repère, la ration est portée à environ 125 pour cent dès la cinquième semaine, puis à environ 150 pour cent dès la huitième – de préférence répartie en plusieurs petits repas, car l'utérus en expansion appuie de plus en plus sur l'estomac et ne laisse guère de place aux grosses portions. Pour le choix de l'aliment et la quantité exacte adaptée à votre chienne, le mieux est d'en parler avec la vétérinaire.

Deux points méritent une attention particulière. Premièrement : pas de compléments de calcium pendant la gestation. Ce qui part d'une bonne intention peut se retourner contre l'animal – un apport supplémentaire de calcium à cette période perturbe la régulation naturelle du calcium et peut favoriser, autour de la mise bas, une carence dangereuse. Tout complément, quel qu'il soit, ne rejoint donc la gamelle qu'après avis vétérinaire. Deuxièmement : une activité modérée et normale. Une chienne gestante peut et doit continuer à bouger ; des promenades tranquilles, à son rythme habituel, lui font du bien. Les sauts brusques, les efforts intenses et l'épuisement sont en revanche à éviter en fin de gestation. Les vaccinations et les vermifugations se planifient au mieux avec la vétérinaire – certaines sont justement utiles pendant la gestation, d'autres seront reportées – et l'on renonce résolument à tout médicament inutile.

A group of puppies play around a mother dog in a natural outdoor setting.

Préparer la mise bas

Plus le terme approche, plus il vaut la peine d'observer la chienne de près. Un signe fiable est la température corporelle : environ 10 à 24 heures avant la mise bas, elle chute nettement, généralement en dessous de 37 °C environ. Qui accompagne une portée prend donc souvent, en fin de gestation, la température par voie rectale deux fois par jour, afin de ne pas manquer cette baisse. S'y ajoutent de l'agitation, un halètement, le comportement de nidification typique – la chienne gratte et s'aménage un coin – et souvent une perte d'appétit. Préparez à temps une caisse de mise bas dans un endroit calme, chaud et abrité, et habituez-y la chienne quelques jours à l'avance pour qu'elle l'adopte comme un lieu sûr.

Aussi important que la caisse, un autre point de la préparation : réglez avant le terme prévu la question de savoir qui aide en cas de coup dur. Notez le numéro de votre vétérinaire et repérez quel cabinet est joignable la nuit et le week-end – car les mises bas ne respectent pas les heures d'ouverture. Chercher ces informations une fois la situation critique, c'est perdre un temps précieux.

A mother dog lies on a gravel ground while nursing her puppies in an outdoor rural area.

La mise bas elle-même

La mise bas se déroule en trois phases qui s'enchaînent. La phase de dilatation dure environ 6 à 24 heures : la chienne est agitée, halète, se montre tantôt câline, tantôt en retrait, tandis qu'à l'intérieur le col de l'utérus s'ouvre. Il n'y a pas encore de poussées visibles à ce stade – c'est la préparation silencieuse, souvent longue, à la naissance proprement dite. Restez calme, observez attentivement, mais ne forcez la chienne à rien.

Avec la phase d'expulsion commence la naissance véritable. Dès que des poussées fortes et visibles s'installent, le premier chiot devrait venir au monde dans un délai d'environ une heure. Les autres chiots suivent ensuite le plus souvent à des intervalles pouvant aller jusqu'à une heure environ ; des pauses calmes plus longues sont également possibles, mais méritent une surveillance attentive. Chaque chiot naît dans sa poche des eaux ; normalement, la mère l'ouvre aussitôt, lèche le petit pour le sécher et sectionne le cordon d'un coup de dents. Ce léchage n'a rien d'anodin – il stimule la respiration et la circulation du chiot. Ce n'est que si la mère, inexpérimentée, ne s'en occupe pas qu'il faut intervenir avec précaution ; dans le doute, cela aussi se discute avec la vétérinaire.

La troisième phase est la délivrance : à chaque chiot succède un placenta, en général dans les 15 minutes environ. Il vaut la peine de compter si un arrière-faix accompagne bien chaque chiot – si l'un d'eux manque, c'est un point à signaler impérativement lors du contrôle vétérinaire. Entre deux chiots, la chienne peut se reposer, lécher ses petits et les allaiter ; cette alternance d'effort et de repos est tout à fait normale.

A group of street dogs resting on a road, surrounded by greenery.

Quand le vétérinaire doit intervenir

Aussi naturelle que soit le plus souvent une mise bas, certaines situations font que chaque minute compte et qu'une césarienne peut devenir nécessaire. Dans les cas suivants, appelez sans attendre le cabinet ou la clinique d'urgence :

  • Des contractions fortes et intenses pendant 45 à 60 minutes sans qu'aucun chiot n'apparaisse.
  • Aucun premier chiot dans un délai d'environ deux heures après le début du travail.
  • Une pause de plus de quatre heures environ alors que d'autres chiots sont encore attendus.
  • Des pertes vertes, foncées ou sanglantes sans qu'un chiot ne suive.
  • Un chiot visiblement bloqué, ou une chienne qui montre douleur, épuisement marqué ou effondrement.
  • Aucune contraction 24 à 36 heures après la chute de température.

Il est essentiel d'être préparé précisément à ces moments-là. Enregistrez le numéro de votre vétérinaire et celui des vétérinaires d'urgence les plus proches avant même le terme – le soir, la nuit et le week-end, la rapidité d'accès fait souvent la différence. Mieux vaut appeler une fois trop tôt qu'une fois trop tard.

Après la mise bas

Une fois le dernier chiot arrivé et la chienne apaisée, une nouvelle phase, tout aussi importante, commence. Faites examiner la mère et les chiots par le vétérinaire peu après la naissance – on s'assure ainsi que toutes les délivrances ont eu lieu, qu'aucun chiot ne reste dans l'utérus et que tout va bien pour les petits. Dans les jours qui suivent, gardez la mère à l'œil. Elle doit voir le vétérinaire notamment en cas de fièvre, de pertes malodorantes, de mamelles dures, chaudes ou douloureuses (signe d'une mammite) et au moindre signe de carence en calcium.

Cette carence en calcium – l'éclampsie – est particulièrement sournoise et survient surtout durant les premières semaines de l'allaitement, lorsque la production de lait mobilise beaucoup de calcium. Les signes d'alerte sont des tremblements, une raideur, de l'agitation et un halètement ; non traitée, l'éclampsie met la vie en danger et constitue donc une urgence manifeste. Là encore : dans le doute, agir immédiatement.

Et alors commence le plus beau des travaux – l'élevage des petits. Comment les chiots se développent durant les premières semaines, quand débute la socialisation et ce qui compte au moment de la cession, vous le lirez dans notre checklist du chiot. La gestation et la mise bas, pour toute la joie qu'elles apportent, sont un chemin exigeant qui demande des connaissances, du calme et un bon accompagnement vétérinaire. Ce guide vous en donne une orientation générale – mais l'appréciation fiable de votre chienne reste, dans tous les cas, l'affaire de votre vétérinaire.

Remarque : ce guide fournit une orientation générale et ne remplace pas un examen ou un conseil vétérinaire. En cas de problème de santé ou d'urgence, adressez-vous à votre vétérinaire.

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